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11 May

Bombardements alliés

Publié par nivate  - Catégories :  #HISTOIRE

Les bombardements alliés sur la France en 1944 furent parmi les plus violents de la deuxième guerre mondiale.

On l'a un peu oublié !

On peut se poser la question: ces dégâts étaient-ils nécessaires?
Groupe B24 Libérator

Groupe B24 Libérator

Les bombardements ont, en règle générale, leur utilité. Ils tuent des soldats ennemis, et ont un impact sur le moral des armées adverses.
Mais, en France, les bombardements ont été, au total, assez peu efficaces.
Les bombardiers lourds sont envoyés pour détruire des fortifications, des bunkers, des usines, des troupes stationnées et des voies de communications, mais, un pilote de bombardier lourd volant à haute altitude peut difficilement être précis lorsqu'il lâche ses bombes.
Alors pourquoi avoir opté pour ce type de bombardement en haute altitude ? Surtout que sur le territoire Français ne disposait pas vraiment d'une protection anti-aérienne très efficace. En effet, pour les Allemands, la priorité était de protéger l'Allemagne et les villes allemandes. Ils ne disposaient pas dans le nord de la France d'aviation capable de faire face à la puissance aérienne alliée.
Les Français se trouvaient donc dépourvus face aux bombardements.
Mais qui étaient ces pilotes qu'on envoyait larguer des bombes sur les villes d'Europe du nord?
Presque tous les pilotes alliés commençaient par des raids sur la France. C'est là, ou au Pays -Bas, dans les zones où les chasseurs ennemis et la défense antiaérienne étaient peu présents, qu'ils se faisaient les dents et apprenaient à surmonter leurs premières peurs. C'est ensuite seulement qu'ils étaient prêts pour des missions en Allemagne.

La France fut donc le terrain d'entrainement des équipages inexpérimentés.!.

En plus, Eisenhower se rendit compte rapidement de l'inefficacité des bombardiers lourds,et, finalement, après le bombardement par erreur en juillet 1944 de troupes américaines (notamment ceux des 24 et 25 juillet, la veille et le jour de l'opération "cobra" pour la libération de la Bretagne), qui firent plus de 100 morts parmi les soldats américains, il suspendit le bombardement aérien au profit de l'artillerie..!
A Caen, le bombardement lourd a produit de tels décombres dans la ville que celle-ci est devenue pratiquement infranchissable par les troupes alliés.
Ces opérations de guerre étaient déraisonnables et peu rentables.
Bombardements alliés

LES PERTES CIVILES

Les bombardements alliés sur la France

63000 tonnes de bombes furent lâchées dans le nord de la France ( plus que les bombes larguées par les allemands sur l'Angleterre lors du Blitz.)
Près de 9500 raids auraient été effectués entre 1940 et 1945, dont 80% pour la seule année 1944.
70 000 Français tués lors des bombardements
73 000 blessés
85 000 immeubles détruits ( 42 000 pour la seule année 1944)
183 000 immeubles endommagés.
Heureusement que le système de défense civil était assez au point : des alarmes, des abris, des moyens de secours, des plans d'évacuation, qui ont sans doute permis de réduire sensiblement le nombre de morts.
Le Secours National, avec Pétain à sa tête, encadrait plus de 11 000 personnes à plein temps pour la distribution de nourriture et de vêtements aux sinistrés.
Au début, un certain nombre de Français voyaient les bombardements plutôt d'un bon œil, pensant que c'était le signe que la Grande Bretagne continuait la guerre. Le sentiment antiallemand étant très fort, tout ce qui pouvait porter atteinte à l'ennemi était perçu comme une bonne chose.
Et puis, les Français commencèrent à se rendre compte que la Libération prendrait des années. L'enthousiasme fit place à l'abattement.
La résistance elle-même les considérait d'un oeil de plus en plus réprobateur : loin d'ouvrir la voie à la libération du pays, ils tuaient de nombreux Français ordinaires, parmi lesquels beaucoup d'ouvriers sympathisants des mouvements de Résistance.
Les bombardements semblaient contre-productifs.
Quand la Libération arriva enfin, en 1944, l'opinion publique était partagée.
Naturellement, beaucoup se réjouissait que les Allemands aient été chassés, mais à quel prix?
On parle encore aujourd'hui des victimes de guerre dues aux exactions de l'armée Allemande, des sujets encore très brûlant et dangereux. Comme Oradour le 10 Juin 1944 avec ses 642 morts hommes, femmes et enfants mais on ne parle pratiquement pas des milliers d'enfants, femmes, vieilles personnes mortes sous les bombes alliés!
Et puis, c'est toujours les vainqueurs qui écrivent l'histoire.
De nombreux tracts ont été réalisés dans les deux camps.
Tract disséminé sur la France pour expliquer les raisons des bombardements sur les villes françaises et leurs industries.

Tract disséminé sur la France pour expliquer les raisons des bombardements sur les villes françaises et leurs industries.

J'aime le " Nous viseront aussi exactement que possible, et...nous connaissons notre affaires"

J'aime le " Nous viseront aussi exactement que possible, et...nous connaissons notre affaires"

Bombardements alliés
Ce tract fut distribué en 1944. Il s’adresse aux Français et adopte un style direct et vindicatif. Le ton est violent et percutant.
Il montre que la pression s’accentue sur le front de l’Ouest : les bombardements alliés sur le territoire français sont nombreux, pour affaiblir les forces d’occupation allemandes.
La condamnation des bombardements est un thème récurrent de la propagande allemande et vichyste.Ils sont assimilés à des assassinats, en mettant en avant les victimes civiles.
Bombardements alliés

Des chiffres que je trouve aussi très intéressants: ce sont ceux des préocupations des Français en juillet 1944 :

  • 1,9% : La France d'après guerre

  • 2% : Les évacuations

  • 5,1% : Pessimisme quant à l'avenir

  • 6,9% : Le conflit

  • 8,5% : La résistance

  • 9,5% : Les opérations en France

  • 12,6% : Les transports

  • 12,6% : Lassitude générale

  • 17,1% : Les bombardements

  • 36,2% : Le ravitaillement

Pourcentage parmi 1 428 577 allusions recueillies sur 2 254 203 correspondances postales en juillet 1944.

 

La situation alimentaire devient au printemps 1944 alarmante.

 

 

Aujourd'hui, les survivants ont commencé à raconter ce qu'ils avaient enduré.

Dans l'immédiat après-guerre, ils étaient surtout pressé de passer à autre chose et se remplir l'estomac !

Source: Paris MATCH.

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